Les Têtes brûlées (Baa Baa Black Sheep puis Black Sheep Squadron) est une série télévisée américaine comportant un pilote de 120 minutes et 35 épisodes de 47 minutes, créée par Stephen J. Cannell et diffusée entre le 21 septembre 1976 et le 6 avril 1978 sur le réseau NBC. En France, la série a été diffusée à partir du 27 mars 1977 sur Antenne 2.
Librement inspirée des exploits de Gregory « Pappy » Boyington et de son « Black Sheep Squadron » durant la guerre du Pacifique lors de la Seconde Guerre mondiale, cette série met en scène les aventures de ces pilotes anticonformistes et téméraires pilotant leur Corsair.
Le commandant Greg "Pappy" Boyington devait son surnom au fait qu'il était sensiblement plus agé que ses pilotes. Il possédait un chien Bull Terrier appelé "Barback" ("Meatball" dans la version originale). Ce chien est censé appartenir au général Moore dans l'épisode pilote "Flying Misfits". Mais celui-ci déclara qu'il ne voudrait pas d'un chien aussi laid.
Avec ses pilotes indisciplinés mais valeureux, il est en butte aux persécutions du colonel Lard. Mais le supérieur de celui-ci, le général Moore est bien conscient des qualités de Boyington et modère son subordonné.
Le personnage populaire John "Hutch" Hutchinson est tué dans l'épisode "Last One for Hutch" et il est remplacé par le chef mécanicien qui avait rejoint l'escadron dans l'épisode "Le Couteau dans la plaie" ("Devil in the Slot").
(Direction artistique et distribution VF : Jacques Deschamps)
(Note: Les personnages ci-dessus ne sont apparus que dans le première épisode, Flying Misfits. Le lieutenant Doyle a été remplacé par l'acteur Larry Manetti dans la série).
Livrant le portrait d'une équipe de pilotes de chasse insolents sur le théâtre d'opérations du Pacifique, la série a fait l'objet d'un succès important de la part des téléspectateurs en France.
Le prestige héroïque des pilotes se mêlait à la romance édulcorée des flirts avec les infirmières de l'hôpital militaire, le tout dans les îles paradisiaques du Pacifique où l'action se déroulait.
Cet exotisme était renforcé, pour le téléspectateur français, par le fait que cette zone du conflit était alors peu connue du public, à la fois historiquement et géographiquement ; d'où le succès de la série.
Le portrait donné était hollywoodien et donna une impression succincte de la dureté des combats sur le théâtre Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale.
À cet égard, la série est contemporaine de l'insouciance de MASH qui se déroule durant un autre conflit (guerre de Corée) mais dont l’ambiance est très proche de la deuxième saison, avec les farces de potaches des chirurgiens militaires, et de leurs flirts avec les infirmières. Côté américain, la série permettait de se rappeler le temps d'une guerre « juste » que les pères avaient livrée, alors que les boys revenaient du marasme de la guerre du Viêt Nam.
Bien après les années soixante-dix, le film Pearl Harbor reprendrait cette alchimie composée de guerre pour la bonne cause, mêlée de romantisme suranné.
Le titre original de la série, Baa, Baa Black Sheep, est hérité du livre de Gregory Boyington, as des campagnes du Pacifique, dont elle est inspirée. C'est une référence à une célèbre comptine pour enfants. Toutefois, cette comptine n'est pas le chant que l'on peut entendre au début de chaque épisode, couvert dans la VF par le discours d'ouverture lu par Jacques Thébault. Le chant en question est Le Chant des Whiffenpoofs (We are poor little lambs/Who have lost our way/Baa! Baa! Baa!). Le sens connoté du mouton noir qui ne suit pas le troupeau est identique en anglais. Bien qu'immatures, les pilotes ne s'en laissent plus conter par l'administration des Marines...
L'épisode pilote est un film en lui-même, très différent du format des épisodes ultérieurs du feuilleton (50 min) ; on y voit Greg Boyington, déjà as des volontaires Tigres volants en Chine à bord d'un Curtiss P-40 s'apercevoir que l'arrivée des Mitsubishi Zero sen a surclassé son appareil. La manière dont Boyington subtilise à ses propres fins une escadrille fonde sa légende et son autorité toute paternelle sur ses pilotes, enfin équipés des Chance Vought F4U Corsair. Tout au long des épisodes, les capacités techniques de l'avion seront éprouvées et dépassées (missions de bombardement, torpilles, réservoirs additionnels, atterrissages en conditions atypiques).
Dans l'histoire réelle, l'escadron était basé sur l'île de Vella Lavella dans l'archipel des îles Salomon du Pacifique sud. Et l'État-Major sur l'ile de Espiritu Santo. Pour des raisons légales, ces noms durent être modifiés en Vella la Cava et Espritos Marcos.
Une bonne partie des épisodes aériens a été tournée dans les îles du Détroit au large de la Californie du Sud qui présentaient des caractéristiques semblables. Ainsi que sur l'aérodrome aujourd'hui fermé de Indian Dunes, près de Valencia en Californie. On peut voir parfois des camions modernes passer dans le lointain.
Une partie des combats aériens est tiré du film de 1969 la Bataille d'Angleterre (film). On peut distinguer les croix d'avions allemands dans le lointain.
Une autre nouvelle technique a consisté à fixer des caméras sur les casques des pilotes, apportant une vision nouvelle pour des avions monoplace. Mais en raison des reflets sur le plexiglas, la majorité des plans a du être filmée avec les cockpits ouverts.
Les avions Corsair étaient loués par Universal studios auprès de pilotes privés. Beaucoup de scènes de réparations ont été tournées pendant de la maintenance préventive des avions.
Pendant le tournage de la série, Boyington rencontra Masajiro "Mike" Kawato le pilote japonais qui prétendait l'avoir abattu en 1943. Mais en fait, s'il a bien participé à ce combat, c'était dans une partie différente.
Le vrai Gregory Boyington fait une apparition dans chaque saison. Tout d'abord dans l'épisode 2 d' objectif Rabaul où il joue un général qui souhaite à son propre personnage plus d'emmerdeurs comme lui dans l'aviation américaine. On le voit aussi remettre un décoration à Pépé dans "le Duel". Et il fait une apparition dans l'épisode Organisation, où il joue ce même général qui participe à une fête.
Les avions japonais étaient en fait des avions américains North American T-6, qui avaient été modifiés pour ressembler aux avions Zéro des japonais pour le film Tora! Tora! Tora! puis achetés par des collectionneurs.
Le générique comporte un anachronisme : vers la fin, l’un des Corsair qui plonge (le deuxième) porte sur l’extrados de l’aile droite une flèche blanche pointant vers l’avant. C’est la marque du porte-avions « USS Bunker Hill » entre le 28 janvier et le 28 août 1945. Or les Corsair des Têtes Brûlées ne sont pas embarqués sur porte-avions mais basés à terre, et de plus ils n’appartiennent pas à la Navy mais aux Marines. Cet anachronisme s’explique sans doute par l’utilisation de véritables Corsair pour le tournage, les propriétaires de ces avions historiques n’ayant pas dû autoriser la moindre modification.
Lors d'un symposium d'aviation historique en 2002, d'anciens membres de la VMF-214 ont été interrogés sur l'authenticité de la série.
Le colonel en retraite Henry A. McCartney déclara que la liste des erreurs serait trop longue à citer. Entre autres choses, il déclara avoir été impressionné par toutes les conversation radio en vol, alors que dans la réalité, aucune radio ne marchait. Il a fait aussi observer que dans la série les pilotes atterrissaient comme des avions de transport : sur le train principal d'abord, puis en posant la roulette de queue. Alors que les bons pilotes de Corsair atterrissaient sur les trois roues en même temps, à la limite du décrochage.
Par rapport à la réalité, manquent aussi dans la série des viseurs, des masques à oxygène et des gants.